dimanche 4 août 2019

Haudiomont, Eglise Saint-Urbain

Eglise Saint-Urbain

Consacrée à un pape du IIIe siècle, cette église remplace un édifice daté du milieu du XVIIe siècle et détruit pendant la Première Guerre mondiale. Le projet de reconstruction de l’architecte Blays est approuvé le 24 mai 1924 et la bénédiction a lieu trois ans plus tard.
            Le programme peint réalisé par Duilio Donzelli revêt un caractère particulièrement décoratif. Au total, dix-sept anges sont représentés dans le chœur, sur deux niveaux ; au premier, douze anges, six de chaque côté, avancent en procession tenant une palme ou une lampe. Initialement l’artiste avait voulu montrer un cortège ininterrompu, mais il a opéré un repentir pour faire figurer au centre une mandorle accueillant la statue de saint Urbain. Les symboles chrétiens du phénix, de la corbeille de pain avec les poissons, de la main de Dieu bénissant et du pélican encadrent les oculi qui séparent les deux niveaux.
Sous la voûte, cinq anges tiennent un parchemin qui énumère l’ensemble de la hiérarchie céleste (Anges, Archanges, Trônes, Dominations, Principautés, Puissances, Vertus, Chérubins, Séraphins). Des différences stylistiques apparaissent nettement entre les deux niveaux : en partie haute, les anges ont des attitudes plus figées, les traits du visage sont moins détaillés, le fond est traité en aplat de couleur bleue et les nuages sont particulièrement schématiques. Cette différence s’explique peut-être par l’intervention d’une autre main, Duilio ayant réalisé la partie basse tandis que les anges tenant le parchemin seraient l’œuvre de son fils Dante (1908-1999). Ce dernier s’inscrit davantage encore que son père dans le courant de l’Art déco par une géométrisation et une stylisation des formes. Si aucune signature n’a été retrouvée, les sources nous confirment l’intervention des Donzelli en 1932.
            Les autels latéraux dédiés à la Vierge, à gauche, et à saint Nicolas, à droite, sont entourés d’un décor végétal de fleurs de lys sur lesquelles sont dessinés des blasons : les armes de Saint-Nicolas-de-Port et celles de la Lorraine sont associées à saint Nicolas. Au fond de l’église, la chapelle des fonts baptismaux porte un décor peint en lien avec la fonction du lieu : le médaillon, porté par deux anges en grisaille, accueille un baptême du Christ par Jean-Baptiste.

Repentir : En peinture est une partie du tableau qui a été recouverte par le peintre soit en cours de réalisation soit longtemps après pour en modifier le sens ou la composition.

Phoenix : cet oiseau mythique, caractérisé par son pouvoir de renaître après s'être consumé dans les flammes, symbolise le Christ ressuscité.
Pélican : Symbole chrétien, le pélican est l'incarnation du Christ, qui se sacrifie pour le salut de l'humanité, car au Moyen Âge, on croyait qu’il perçait son flanc pour nourrir ses petits de sa propre chair et de son sang pour les sauver.
Oculi : ouvertures pratiquées sur un comble de voûte

Hiérarchie céleste : classification des êtres célestes établie au Ve siècle. Cette hiérarchie est traditionnellement composée de trois niveaux, en fonction de la proximité des anges à Dieu : viennent d'abord les Séraphins, les Chérubins et les Trônes, les Dominations, les Principautés, les Puissances, les Vertus et enfin les Archanges et les Anges. Neuf catégories différentes.

Documents remis par le Service conservation et valorisation du patrimoine et des musées du département de la Meuse. 






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