dimanche 4 août 2019

Cierges-sous-Montfaucon, Eglise Saint-Martin


Bâtie au milieu du XIXe siècle, cette église néo-romane a été restaurée par les architectes Henri-Gabriel Gautruche et Maurice-Charles Martineau selon un projet approuvé en 1927. En 1939, Duilio Donzelli intervient avec son fils Dante (1909-1999) pour décorer le chœur et l’arc-triomphal de peintures murales et pour réaliser la chaire à prêcher.
            Les scènes peintes reprennent des thématiques utilisées dans d’autres églises meusiennes. La charité et le songe de saint Martin, évêque de Tours au IVe siècle et patron de l’église, sont représentés dans le chœur. D’un côté, le saint en soldat romain partage son manteau tandis que de l’autre, le Christ dans une mandorle lui apparaît dans son sommeil. L’iconographie et la composition s’apparentent à celles de Koeur-la-Grande. Sur la voûte, le Trône de grâce rappelle le décor de Lamorville. Dans l’abside, le Christ-Roi, debout sur le globe terrestre, porte un livre avec l’inscription tirée de l’Évangile de Jean : « Je suis le chemin, la vérité et la vie »*. Cette thématique renvoie aux églises de Belleville-sur-Meuse, Seuzey, Hannonville-sous-les-Côtes et Rouvrois-sur-Meuse.
            L’arc-triomphal est décoré d’anges dans une esthétique proche de l’Art Déco : aplats de couleurs, stylisation des corps et des drapés et géométrisation des formes. En témoignent les nuages tout en longueur. S’agit-il d’une intervention de Dante Donzelli, dont le style est plus épuré que celui de son père ? Des anges occupent la composition sur trois niveaux. Au sommet deux apparaissent, à genoux et les mains jointes, en adoration autour d’un calice surmonté d’une hostie. Dessous, deux autres agitent un encensoir tandis qu’à la base de l’arc, trois anges chantent et trois autres jouent de la musique.
            Remarquable, la chaire est soutenue par un ange sculpté et décorée du Tétramorphe. Sur les panneaux latéraux, Duilio Donzelli a diversifié les techniques : les symboles des Évangélistes sont rendus en creux puis peints et des tesselles de mosaïques dorées viennent délimiter le nimbe. C’est la seule chaire qu’aurait réalisée Donzelli dans la Meuse.

* inscription « EGO SUM VIA VERITAS ET VITA » (Jn 14, 6).  Je suis le chemin, la vérité et la vie

Tétramorphe : Représentation des quatre évangélistes dans leur forme allégorique : l'Homme pour Matthieu, l'Aigle pour Jean, le Taureau pour Luc et le Lion pour Marc, inspirée de la vision d’Ezéchiel (Ez 1 : 1-14) et de la description des Quatre Vivants de l’Apocalypse.
Encensoir : vase brûle parfum accroché à 3 petites chaînes, dans lequel l'encens est brûlé et tourbillonné pendant les célébrations de l'église, en tant que symbole de la prière des fidèles, qui s'élève à Dieu.

Nimbus (halo) : anneau de lumière ou disque représenté autour de la tête des Saints, des Héros élevés à Dieu ou par Dieu.

Propitiatoire - Trône de grâce : Figure de la Trinité dans l’iconographie chrétienne dans laquelle Dieu le Père porte la croix de son Fils, tandis que la colombe représentant le Saint-Esprit plane entre les deux personnes.

La charité de Saint-Martin : Épisode survenu au cours de l'hiver 338. En garnison à Amiens, Martin rencontra un mendiant sans vêtements, tremblant de froid. Martin coupa son manteau et en donna la moitié à ce pauvre (en fait, il ne lui en donna que la moitié, car l'autre moitié appartenait à l'armée romaine). La nuit suivante le Christ, vêtu d'un demi-manteau, apparut à Martin dans un rêve et le remercia pour cet acte bienveillant.


Documents remis par le Service conservation et valorisation du patrimoine et des musées du département de la Meuse.


https://musees-meuse.fr/cierges-sous-montfaucon-eglise-saint-martin/



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